Le premier essai français, juste avant la pause, a totalement relancé la partie. (L'Équipe)
3e journée : FRANCE - GALLES (21-16)
LES BLEUS PASSENT AU ROUGE
Vainqueur du pays de Galles (21-16), la France s'est relancée dans la course à la victoire dans le Tournoi au prix d'un match réussi tactiquement et renversé à l'heure de jeu. Ce fut beau mais ce fut dur !
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Mis à part la collision avec les retours de vacances et les bouchons du périphérique, ce 88e France-Galles et ses airs de Friday night rugby version soirée américaine ou Ligue des Champions a répondu aux attentes de spectacle du public et des observateurs. Surtout, il a transformé leurs craintes en espoirs. Plus que l'opération commando commanditée, l'équipe de France a remporté une bataille tactique froide et réfléchie, misant à raison sur la possession de balle à l'infini et le jeu au pied dans le dos des Gallois, ne laissant que miettes à ces derniers. Et une fois le destin de cette rencontre renversé dans les têtes avant l'heure de jeu, le public emballé, les Bleus ont alors montré le visage enthousiaste et fougueux de leurs vertes années et goûté aux joies bienveillantes de la domination. L'affaire n'eut pourtant rien de l'allégresse. Durant la première demi-heure et en toute fin de partie, il fallut même aux Tricolores beaucoup de tripes et de douleur pour s'arracher de la condamnation écrite.
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Byrne allume la première mèche
Tout commença par un record pour Marconnet (72 capes), une première pour Parra le buteur, une première pour Bastareaud le régional de l'étape qui serait bientôt l'homme du match et une première pour Baby qui en serait lui le malheureux. Tout commença aussi par une succession de pénalités (quatre en un quart d'heure) concédées par les Français, faisant briller la botte de Stephen Jones et donnant ainsi aux Gallois la possibilité de prendre les devants (0-3, puis 3-3 puis 3-6). Les Bleus étaient alors aussi poussifs et lourds en jambes que leurs adversaires étaient attentistes. La pression était cependant maintenue et le ballon demeurait possession française, un bon enchaînement Parra, Ouedraogo Bastareaud les amenant même jusque derrière la ligne galloise, effort anéanti par l'arbitrage vidéo et une nouvelle faute. La rage était bleue mais le score, lui, restait à l'avantage des rouges. Pire, sur le premier vrai lancement de jeu des Gallois (touche), Shanklin, celui-là qui aurait mérité un jaune pour une sale cravate quelques instants plus tôt, emportait la défense tricolore sur vingt mètres au milieu du terrain, un effort suffisant pour totalement déstabiliser les Bleus et mettre en orbite Byrne en bout de ligne, lequel, profitant d'une mésentente entre Jauzion et Médard, offrait le break à son équipe (3-13, 25e). Les Bleus se rebellaient, Médard le JPR Williams du rugby français tentant de mettre le feu et permettant aux siens de réduire le score en provoquant une pénalité excentrée conclue quand même par Parra (6-13, 35e). Le sort s'acharnait sur les Bleus et sur Benoît Baby, ce dernier, touché au genou gauche sur une tentative de dégagement, étant contraint de sortir, remplacé par François Trinh Duc juste avant la pause (36e).
Un 13-13 à la mi-temps porte-bonheur
Définitivement malheureux les Français ? Enfin le croyait-on sauf qu'en suivant, un jeu au pied approprié des Bleus faisait commettre un en-avant à l'arrière gallois Byrne. Ce dont ils profitaient immédiatement. Harinordoquy, en grand huit, s'échappait de la mêlée, n'étant stoppé qu'à quelques centimètres de l'en-but adverse. La hargne de Dusautoir terminait le travail au ras. Parra transformait et égalisait : la deuxième mi-temps était lancée et les Français revigorés (13-13) ! Très vite, ils se heurtaient cependant à la réalité et leurs manques physiques, à l'image de Jauzion et Chabal décapités d'entrée par la défense galloise, ou ces petites marques d'usure conduisant à une fébrilité tactique et technique qu'on pensait désormais grandissante. Mais ils ne lâchaient toujours rien et continuaient à priver les Gallois de ballon et même à les pousser à la faute. Parra manquait l'occasion de prendre l'avantage pour la première fois (48e). Ce n'était que partie remise. Cinq minutes plus tard, les Bleus persévéraient dans leur tactique de jouer au pied dans le dos de la défense et la pression exercée payait. Ils bénéficiaient d'une mêlée sur les vingt-deux mètres adverses et sur ladite mêlée, Bastareaud créait une brèche mettant les Bleus dans le sens de la marche. Et quelle marche ! En bout de ligne, Heymans redressait sa course, retrouvait ses jambes de vingt ans et allait marquer (18-13, 54e). La France prenait l'avantage pour la première fois. Et avec lui, les rênes du match.
Bastareaud sauve la patrie
Parra ne parachevait pas tout de suite le travail, frappant le poteau à deux reprises, Trinh Duc manquait un drop. Mais peu importe, les Bleus avaient bel et bien posé leurs valises chez l'adversaire et celui-ci ne sortait plus la tête de l'eau. Il s'enfonçait même quand Parra donnait encore un peu d'air aux siens (4/7 au total), le SDF se mettant même à citer son nom comme pour lui signifier qu'il se souviendrait de lui à l'avenir (21-13, 70e). Cependant, appuyant enfin sur la fatigue des Bleus, les Gallois se réveillèrent. Sur une pénalité de la relance d'abord (21-16, 74e). Puis, à l'issue d'une touche conquise, ils firent connaître les pires frayeurs aux 80000 spectateurs, Bastareaud, sauvant la patrie in-extremis à deux reprises. Mark Lawrence donnait le coup de sifflet libérateur. L'équipe de France pouvait chanter sa victoire et saluer une communion rare avec son public. La voilà relancée dans la course à la victoire dans le Tournoi (avant les deux autres matches du week-end, seule l'Irlande demeure invaincue dans cette édition). Marc Lièvremont craignait énormément ce France-Galles, un vendredi soir, cinq jours après Toulouse-Clermont. Mais ses Bleus et lui ont finalement évité le Friday night...mare. Mieux, ils ont réussi leur pari.